L’émergence du concept de développement durable a été longue. S’appuyant sur de nombreuses conventions internationales, l’idée d’un développement pouvant à la fois réduire les inégalités sociales et réduire la pression sur l’environnement a fait son chemin. Nous pouvons en retracer quelques jalons majeurs :

  • 1968 : création du Club de Rome regroupant quelques personnalités occupant des postes relativement importants dans leurs pays respectifs et souhaitant que la recherche s’empare du problème de l’évolution du monde pris dans sa globalité pour tenter de cerner les limites de la croissance économique.
  • 1972 : le Club de Rome publie le rapport The limits to growth (traduit en français par Halte à la croissance ? ou Les limites de la croissance), rédigé à sa demande par une équipe de chercheurs du Massachusetts Institute of Technology. Ce premier rapport donne les résultats de simulations informatiques sur l’évolution de la population humaine en fonction de l’exploitation des ressources naturelles, avec des projections jusqu’en 2100. Il en ressort que la poursuite de la croissance économique entraînera au cours du XXIe siècle une chute brutale des populations à cause de la pollution, de l’appauvrissement des sols cultivables et de la raréfaction des énergies fossiles. Le modèle n’est cependant pas encore à ce stade sectorisé par régions comme il le sera ensuite. Selon certain, nombre de ses prévisions se sont révélées fausses [1]. Selon d’autres dont les auteurs, dans leur mise à jour de 2004 intitulé Limits to Growth. The 30-Year Update (non traduite en français), ceux-ci démontrent que la réalité est relativement conforme à leurs prévisions de 1972[2]. Suite à ce rapport, de nombreux travaux critiques de certaines limites du système économique de l’époque sont publiés : citons entre autres Nicholas Georgescu-Roegen et sa comparaison entre système économique et thermodynamique[3], ou encore l’économiste américain Schumacher qui prône des solutions plus locales et moins technologiques et technocratiques dans son livre « Small is beautiful ».
  • 1972 (5 au 16 juin) : une conférence des Nations Unies sur l’environnement humain à Stockholm expose notamment l’écodéveloppement, les interactions entre écologie et économie, le développement des pays du Sud et du Nord. Il sera rétrospectivement qualifié de premier Sommet de la Terre. C’est un échec relatif, avec aucun compromis clair[4], mais la problématique semble dès lors posée : l’environnement apparaît comme un patrimoine mondial essentiel à transmettre aux générations futures.
  • 1979 : le philosophe Hans Jonas exprime cette préoccupation dans son livre Le Principe responsabilité.
  • 1980 : L’Union internationale pour la conservation de la nature publie un rapport intitulé La stratégie mondiale pour la conservation[5] où apparaît pour la première fois la notion de « développement durable », traduite de l’anglais « sustainable development ».
  • 1987 : Une définition du développement durable est proposée par la Commission mondiale sur l’environnement et le développement (Rapport Brundtland). Le protocole de Montréal relatif aux substances qui appauvrissent la couche d’ozone est signé le 16 septembre, signe qu’un engagement collectif est possible.
  • 1992 (3 au 14 juin) : Deuxième sommet de la Terre, à Rio de Janeiro. Consécration du terme « développement durable », le concept commence à être largement médiatisé devant le grand public. Adoption de la convention de Rio et naissance de l’Agenda 21. La définition Brundtland, axée prioritairement sur la préservation de l’environnement et la consommation prudente des ressources naturelles non renouvelables, sera modifiée par la définition des « trois piliers » qui doivent être conciliés dans une perspective de développement durable : le progrès économique, la justice sociale, et la préservation de l’environnement.
  • 1994 : publication de la charte d’Aalborg sur les villes durables, au niveau européen.
  • 1997 (1er au 12 décembre) : 3e Conférence des Nations unies sur les changements climatiques, à Kyōto, au cours duquel sera établi le protocole éponyme


  • 2002 (26 août au 4 septembre) : Sommet de Johannesburg : En septembre, plus de cent chefs d’État, plusieurs dizaines de milliers de représentants gouvernementaux et d’ONG ratifient un traité prenant position sur la conservation des ressources naturelles et de la biodiversité. Quelques grandes entreprises françaises sont présentes [6].
  • 2005 : Entrée en vigueur du protocole de Kyōto sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre dans l’Union européenne.

Création de la charte de l’environnement, insistant sur le principe de précaution.

Notes et références

  1.  « Le fameux rapport du Club de Rome « Halte à la croissance » dont pourtant toutes les prévisions, ou presque, se sont révélées fausses, notamment par l’usage exagéré des fonctions d’évolution faisant toujours appel à la loi mathématique exponentielle » in Bjorn Lomborg, L’Ecologiste sceptique, p.11
  2. Par exemple, dans les différents scénarios alors élaborés, la croissance était assurée au moins jusqu’en 2015.[lire sur le site développement durable & territoires [archive] (page consultée le 16 janvier 2009)]
  3.  Nicholas Georgescu-Roegen, The Entropy law and the Economic Process, 1971 (ISBN 1583486003)
  4.  Aurélien Boutad, Le développement durable : penser le changement ou changer le pansement ?, École Supérieur des Mines de Saint-Etienne (thèse de Science et Génie de l’environnement), Saint-Étienne, 2005, [lire sur le site agora21 [archive] (page consultée le 17 novembre 2008)]
  5. Ouvrage publié par le WWF, l’UICN et le PNUD, voir Gérard Granier, Yvette Veyret, Développement durable. Quels enjeux géographiques ?, dossier n° 8053, Paris, La Documentation française, 3e trimestre 2006, (ISSN 0419-5361), page 2
  6.  Recueil des témoignages des membres du Comité au retour du Sommet, Comité français pour le Sommet mondial du développement durable, pages 85 à 92, Octobre 2002

source: wikipedia.org

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